Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

Ostéoplasties percutanées des métastases osseuses et des localisations osseuses du myélome : indications, efficacité et tolérance, retour sur 10 ans d’expérience lilloise.
D. De Christen, B. Cortet, P. Chastanet, J. Bonneterre, T. Facon, R.M. Flipo, M.H. Vieillard
Service de Rhumatologie, CHRU Lille


Les complications osseuses des néoplasies sont regroupées sous le terme d’événements osseux (EO). Les EO regroupent les fractures pathologiques, les compressions médullaires, l’hypercalcémie maligne, la nécessité d’avoir recours à une radiothérapie ou une prise en charge chirurgicale. Ces événements sont associés à une morbidité importante, une diminution de la qualité de vie et de l’autonomie et entraînent un coût important pour la société. L’enjeu actuel est à la prise en charge précoce des lésions secondaires afin de prévenir la survenue des EO.

L’ostéoplastie fait aujourd’hui partie de l’arsenal thérapeutique à notre disposition pour la prise en charge locale des lésions secondaires.

Méthode Nous avons réalisé une étude rétrospective portant sur 121 patients ayant bénéficié de 158 gestes d’ostéoplastie dans le service de Rhumatologie du CHRU de Lille entre 2003 et juillet 2012. Ce travail a évalué les indications, l’efficacité et la tolérance de l’ostéoplastie dans le cadre de lésions secondaires (métastases osseuses de néoplasies solides ou hémopathies). Au total 158 gestes ont été réalisés au cours de cette période. Les critères principaux d’évaluation de l’efficacité étaient : l’EVA objective et subjective, l’OMS et la consommation d’antalgiques.

Résultats Les cancers primitifs les plus représentés étaient les néoplasies mammaires dans 35,5% des cas (43 /121), les myélomes dans 20,6 % des cas (25/121), les cancers broncho- pulmonaires dans 19% des cas (23/121) et le cancer du rein 5,8% (6/121). Nous avons traité 72,2% de lésions vertébrales (114/121) 24% de lésions du bassin (38/121), 3,8% de lésions des os longs (6/121). Les lésions étaient lytiques dans 94,2% des cas (114/121) ; 5,8 % de lésions étaient d’origine mixte (7/121). L’indication était uniquement antalgique dans 28% des cas (34/121), uniquement antifracturaire dans 38% des cas (46/21), antalgique et antifracturaire pour 34% des patients (41/121). 73% des patients notaient une amélioration des douleurs à l’évaluation précoce, avec 27% de sédation complète des douleurs au temps précoce. L’étude de l’EVA dans la population à visée antalgique retrouvait à l’évaluation précoce une amélioration moyenne de 26,7 points /100 ; p<0 ,0004 (25 patients), à l’évaluation à moyen terme entre 3 et
6 mois une amélioration moyenne de 37,7 points /100 ; p<0,0001 (17 patients). L’évaluation à 1 an retrouvait une amélioration moyenne de 37,75 points/100 ; p<0,0026 (7 patients).

L’évaluation des variations de l’OMS n’a pas permis de mettre en évidence de modification significative de cet indice. L’évaluation de la variation de la consommation d’antalgiques n’a pas permis de mettre en évidence de modification significative de palier antalgique au temps précoce à la suite du geste d’ostéoplastie. On dénombre 13 complications : 2 névralgies intercostales, 2 radiculalgies, 1 irritation du psoas, 2 autres événements neurologiques (1 AIT, 1 tableau d’irritation médullaire), 1 spondylodiscite, 4 embolies pulmonaires, 1 fracture sous jacente au site d’ostéoplastie.

Conclusion L’ostéoplastie est un geste fiable et efficace si celui-ci est réalisé par un opérateur entraîné. Elle doit être discutée en tant que traitement de première intention au sein de l’arsenal thérapeutique en cas de douleur focale liée aux métastases osseuses et dans la prise en charge du risque fracturaire.

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