Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

21 UN COU(P) TORDU

UN COU(P) TORDU

JG TEBIB (1) , A DIDELOT (2)
1 Service de rhumatologie, Bat med, CHLS, 69495 Pierre Bénite.
2 Service de Neurologie - Sommeil, Bat med, CHLS, 69495 Pierre Bénite

 

En dépit des efforts réalisés par la communauté scientifique, le diagnostic des rhumatismes inflammatoires reste difficile et surtout, une fois retenus par l’usage les critères tirés de « l’evidence based medecine » , la remise en cause de ce même diagnostic est rendu paradoxalement plus difficile à cause de la fausse sécurité apportée par la méthode comme nous le rapportons ici.

 

Ce patient de 23 ans est vu pour un deuxième avis en Novembre 2012 pour la prise en charge d’un handicap fonctionnel sévère caractérisé par une cervicalgie intense sans irradiation évoluant depuis 2010 dans un contexte de rachialgies d’allure inflammatoire aves sciatalgie à bascule et non soulagées par les traitements conventionnels. La présence de talagies associées à ce tableau a finalement fait retenir le diagnostic de spondyloarthrite B27 négative et le patient a été mis sous Infliximab depuis le printemps 2012 sans résultat favorable sur son handicap. Au contraire, la flexion antérieure du chef apparue en 2010 s’est progressivement figée pour devenir extrêmement gênante et une chirurgie de redressement a été évoquée.

 

L’examen neurologique attentif réalisé compte tenu de l’aspect caricatural cervical est rassurant sans signe de souffrance médullaire. Au niveau métrologique, en dehors de la limitation complète des rotations cervicales et de la bascule du chef (tragus mur : 35 cm), il n’y a aucun autre signe limitant. On note des douleurs diffuses articulaires sans gonflement mais aussi extra articulaires que l’on mesure par 17 points fibromyalgiques sur 18. Les investigations morphologiques rachidiennes, sacro iliaque et périphériques ne relèvent aucun signe franc inflammatoire de même que le bilan biologique revient normal. Les Potentiels évoqués sensitifs sont normaux de même que les potentiels évoqués moteurs dont l’utilisation à titre thérapeutique permet de recadrer le diagnostic et d’arrêter sans arrière pensée les biothérapies pour une prise en charge adaptée au trouble sévère.

 

Dans cette observation, la mise en défaut du système ASAS (1) a conduit à l’usage inadapté d’une biothérapie et a retardé la prise en charge fonctionnelle de ce grave désordre de la personnalité. L’usage des champs magnétiques à titre diagnostique mais aussi thérapeutique pourrait représenter une voie innovante dans leur prise en charge (2).

 

Références

 

1 Rudwaleit M et al. Ann Rheum Dis 2011;70:25–31

2 van der Kruijs SJ et al. J Neurol Neurosurg Psychiatry 2012;0:1–6.

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