Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

18 Quelle intervention pour l’arthrose du sujet jeune : ostéotomie tibiale, prothèse unicompartimentale ou prothèse totale du genou. Résultats à 30 ans de recul.

18 Quelle intervention pour l’arthrose du sujet jeune : ostéotomie tibiale, prothèse unicompartimentale ou prothèse totale du genou. Résultats à 30 ans de recul.

Ph Hernigou ; D Julian ; N Dupuy. Hopital Henri Mondor 94000 Creteil.
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Chez le patient de moins de 50 ans présentant une arthrose interne la décision peut être difficile entre une ostéotomie tibiale haute (OT), arthroplastie unicompartimentale (PUC) ou une arthroplastie totale du genou (PTG). Notre objectif était de déterminer quelle forme de traitement a eu le meilleur taux de survie et le résultat fonctionnel avec un suivi de 30 ans.

 

123 genoux (51 hommes et 40 femmes d'un âge moyen de 42 ans allant de 25 à 50 ans, 32 chirurgies bilatérales) opérés entre 1973 et 1982 avec 83 OT, 10 PUC, et 30 PTG pour arthrose du compartiment interne ont été évalués avec un minimum 30 années de suivi. La survie a été évaluée par la méthode de Kaplan Meier avec la re-intervention considérée comme l’événement final.

 

Au dernier recul (minimum 30 ans), 4 genoux (avec OT) n'ont pas eu de révision, et 21 autres genoux étaient sans PTG après une révision par ostéotomie itérative; Les 58 d'autres genoux opérés par ostéotomie ont eu qu’une seule révision par PTG. Les quarante patients opérés d'abord avec PUC ou PTG ont nécessité une révision par PTG pour 22 genoux, deux révisions pour 14 genoux (avec deux infections et de décès), et trois révisions pour 4 genoux (avec une amputation). Sur les 40 patients identifiés avec 62 arthroplasties révisées, 48 révisions ont été pour descellement des composants, 6 pour infection profonde, 4 pour l'instabilité, et 2 pour problème rotulien. L'incidence de la révision pur usure (un genou) et fracture péri prothétique (un genou) était minime. Avec comme événement final la première révision, le taux de survie à 10 ans était de 80% pour l’OT, 75% pour la PUC, 77% pour la PTG, le taux de survie de 20 ans à 50% pour l’OT, 0% pour la PUC, 35% pour la PTG, et le taux de survie à 30 ans de 5% pourl’OT, 0% pour la PUC, 0% pour la PTG. Avec comme événement final la deuxième révision pour une raison quelconque, le taux de survie de 20 ans a été de 100% pour l’OT, 40% pour la PUC, 65% pour la PTG et le taux de survie à 30 ans de 100% pour l’OT, 0% pour la PUC, 35% pour la PTG. Avec trois révisions le taux de survie à 30 ans était de 50% pour PUC, 70% pour la PTG. Les meilleurs scores ont été obtenus dans les genoux des ostéotomies itératives (89 - 91 points), et dans les genoux avec une PTG après OT (87- 85 points). Des scores plus faibles ont été obtenus dans les genoux ayant des arthroplasties avec révisions multiples (77-75 points). Il n’y plus d'amélioration après la troisième révision d’une arthroplastie.

 

Lorsque l'arthroplastie est effectuée en premier chez un jeune patient, le descellement est la cause la plus courante de la révision initiale, alors que l'infection semble être le plus grand risque des réinterventions ultérieures. L’ostéotomie en première intention reste le moyen le plus sûr pour atteindre 30 ans de recul avec une seule prothèse. Cette population jeune est distincte de la population âgée habituelle opérée par PTG et cela doit être pris en compte lors de l'examen des options et des risques au moment de la révision.

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