Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

Conduite à tenir devant une camptocormie


M. Laroche Service de Rhumatologie, CHU Toulouse


Le terme camptocormie provient du grec et signifie pencher le tronc activement vers l’avant. Les sujets âgés font eux, à l’opposé, tout ce qu’ils peuvent pour essayer de se redresser. On devrait parler de « cormoptose » ou comme les anglo-saxons de « Bent spine syndrome ». Résolvons-nous tout de même à utiliser « camptocormie », terme uniquement descriptif qui ne préjuge en rien de l’étiologie de ce trouble statique par lequel le malade ne peut se maintenir droit.
Le premier objectif de l’examen clinique est de définir le caractère fixé ou non de la camptocormie.


• Lorsque la cyphose est irréductible, quand le décubitus dorsal à plat sur la table d’examen est impossible, il s’agit d’une affection osseuse : ostéoporose multi fracturaire, spondylarthrite ankylosante évoluée, séquelles de spondylodiscite.
• Le caractère réductible de la cyphose oriente vers une affection neuro musculaire : • Il faut écarter un canal lombaire étroit fréquent à cet âge là. Dans ce cas, le malade se penche pour soulager ses lombalgies, ses radiculalgies et le testing des muscles extenseurs du rachis est parfaitement normal. • La maladie de Parkinson est une cause assez fréquente de camptocormie : le trouble statique s’y installe rapidement, en quelques mois. La cormoptose est très fréquemment associée à une attitude scoliotique récemment apparue, secondaire à la dystonie musculaire associée aux autres symptômes du syndrome extra pyramidal : tremblement, roue dentée.


Lorsque l’on a écarté ces étiologies, on s’oriente donc vers une pathologie musculaire primitive : Dans notre cohorte d’une centaine de malade, il s’agit dans près de 80 % des cas d’une myopathie des ceintures de révélation tardive atteignant préférentiellement les muscles para-vertébraux. Une fois sur 2, il existe des antécédents familiaux et 2 fois sur trois les CPK sont modérément élevées. Le scanner est démonstratif : il met en évidence une infiltration graisseuse des muscles spinaux, diffuse (Fig 1), bien différente de l’atrophie liée à l’âge ou à l’arthrose inter apophysaire postérieure (Fig 2).
Dans 20% des cas, l’atteinte des muscles spinaux s’intègre dans le cadre d’une myopathie plus diffuse : myopathie des ceintures, myopathie fascio-scapulo-humérale, polymyosite ou myosite à inclusion dont la biopsie musculaire que nous réalisons systématiquement chez les sujets de moins de 75 ans permet le diagnostic.



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