Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

Dénosumab pour la tumeur osseuse à cellules géantes (TCG)

Dénosumab pour la tumeur osseuse à cellules géantes (TCG) :

Réflexion sur la prise en charge à propos de deux cas cliniques

G. Papanikola, R. Valcov, A. So, B. Aubry-Rozier

Service de Rhumatologue, CHUV, Lausanne, Suisse

 Introduction

La tumeur osseuse à cellules géantes (TCG) est une tumeur ostéolytique dont la nature est le plus souvent bénigne mais avec une évolution potentiellement agressive localement et un risque de récidive élevé. Le traitement classique est la chirurgie. La mise à disposition d’un anticorps anti-RANKL (dénosumab) constitue une nouveauté thérapeutique prometteuse [1] et plus puissante que les bisphosphonates [2]. Les modalités de son utilisation restent, cependant, à préciser. L’objectif principal de la présentation de ces deux cas cliniques est de mieux illustrer comment intégrer l’utilisation du dénosumab chez les patients qui présentent une TCG récidivante et de proposer un futur modèle de prise en charge

 Cas cliniques

Nous avons suivi deux jeunes patients (26 et 34 ans) présentant une TCG du tiers distal du radius. Le premier patient a été traité d’emblée par XGEVA (dénosumab 120 mg) en traitement néo-adjuvant avant la chirurgie. Le deuxième patient avait déjà été opéré, suivi d’une rechute à 12 mois plus tard et motivant une monothérapie par XGEVA. Dans les deux cas, le traitement de XGEVA a permis une disparition des symptômes cliniques et une amélioration radiologique spectaculaire. A l’arrêt de l’XGEVA chez le premier patient, une rechute a été constatée après 6 mois, renversée complètement par sa réintroduction. Le traitement n’a pas été interrompu chez le deuxième patient. Pour diminuer le risque d’une nouvelle rechute, nous avons opté à la fois pour un espacement graduel des injections du dénosumab et une diminution progressive de sa posologie. Nous nous sommes aidés dans cette démarche des éléments cliniques (douleurs, imagerie) et du dosage des marqueurs de formation osseuse (P1NP).
Il n’y a pas, à ce jour, de recommandations sur l’arrêt ou le sevrage du dénosumab chez les patients oncologiques.

Discussion

L’effet rebond de perte osseuse rapide qui s’accompagne à l’arrêt du dénosumab, récemment décrit lors de son utilisation pour le traitement d’ostéoporose, confirme le besoin impératif de recommandations claires pour la gestion de ce traitement dans d’autres indications comme dans les cas de TCG (3). Les marqueurs du remodelage osseux semblent bien refléter l’efficacité du dénosumab et sont capables de prédire la survenue de l’effet rebond à son arrêt. Nous proposons donc un sevrage progressif du dénosumab chez les sujets avec TCG en utilisant comme point de repère les marqueurs du remodelage osseux. Un arrêt définitif en l’absence de rechute pourrait être proposé en faisant un relais par un bisphosphonate. Des études prospectives afin de valider cette pratique sont indispensables.

Références

1. Balke M. Denosumab treatment of giant cell tumour of bone. Lancet Oncol. 2013 Aug;14(9):801
2. doi: 10.1016/S1470-2045(13)70291-2. Epub 2013 Jul 16. 2. Lau CP, Huang L, Wong KC, Kumta SM. Comparison of the anti-tumor effects of denosumab and zoledronic acid on the neoplastic stromal cells of giant cell tumor of bone. Connect Tissue Res. 2013;54(6):439-49. doi: 10.3109/03008207.2013.848202.
3. Lamy O.Gonzalez-Rodriguez E. Stoll D. Aubry-Rozier B. Severe rebound-associated vertebral fractures after denosumab discontinuation : nine clinical cases report .J Clin Endocrunol Metab 2016 Oct 12:jc20163170.

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