Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

Ostéoporose post-ménopausique et fenêtre thérapeutique

Ostéoporose post-ménopausique et fenêtre thérapeutique :

quelles conséquences sur le risque de nouvelle fracture clinique ?

M-A. Mignot, N. Taisne, I. Legroux, R M. Flipo, B. Cortet, J. Paccou

Service de Rhumatologie, CHRU Lille 

 Introduction

La durée optimale du traitement de l’ostéoporose post-ménopausique (OPM) par les bisphosphonates (BP) reste débattue. Le concept de fenêtre thérapeutique (FT) après une 1ère séquence thérapeutique paraît être une option séduisante afin d’éviter les complications au long cours des BP. Néanmoins, le risque fracturaire en cas de FT reste à déterminer. L’objectif de notre étude a été d’évaluer le risque de fracture par fragilité osseuse après une 1ère séquence thérapeutique par BP en fonction de la poursuite d’un traitement (PT) ou de la réalisation d’une FT

 Matériels et méthode

Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective constituée à partir des codages informatiques du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) pour les patientes présentant une OPM qui ont été reçues en consultation entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2014. Les patientes ayant reçu une 1ère séquence de BP (3 ans en intraveineux ou 5 ans per os) pour une OPM ont été incluses puis suivies jusqu’à 3 ans. L’incidence des fractures cliniques par fragilité osseuse a été étudiée dans les groupes FT et PT. La survie sans fracture dans ces groupes a été comparée par le Log-rank, et le modèle de Cox a été utilisé pour comparer le risque de nouvelle fracture clinique durant le suivi.

Résultats

Parmi les 1894 noms obtenus par le PMSI et selon nos critères d’inclusion et de non-inclusion, 183 patientes ont été incluses dans notre étude : alendronate (n=81), risédronate (n=73), ibandronate (n=9), acide zolédronique (n=20). Parmi elles, 166 patientes ont été suivies entre 6 et 36 mois, dont 31 ont bénéficié d’une FT et 135 d’une PT. L’incidence fracturaire pendant le suivi était de 16,1% (5/31) dans le groupe FT et de 11,9% (16/135) dans le groupe PT. La survie sans fracture différait significativement entre les deux groupes (log-rank p=0,0006). Après ajustements multiples, le risque de nouvelle fracture clinique en cas de réalisation d’une FT était augmenté :
Hazard Ratio 1,40 [IC 95% : 1,12-1,60] (p<0,01).

Conclusion

Dans notre étude, le risque de fracture clinique après une 1ère séquence thérapeutique par BP était augmenté de 40% dans le groupe FT, versus PT. Ces résultats nécessitent d’être répliqués dans d’autres études.

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