Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

Polyarthrite rhumatoïde à travers les continents

Polyarthrite rhumatoïde à travers les continents : étude rétrospective de 234 patients

ayant des ancêtres d’origine africaine ou caucasoïde

A. Adedjouma 1, A.Molto 2, M. Dougados 2, Pr P. Richette 1, F. Lioté 1

1. Service de Rhumatologie, Hôpital Lariboisière, Paris / 2. Service de Rhumatologie B, Hôpital Cochin, Paris

  Introduction  

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est l’un des rhumatismes inflammatoires les plus fréquents. La prévalence mondiale est estimée entre 0,5 et 1%. En Afrique, elle est inférieure à 0,5%. Des différences génotypiques existent. Celles-ci nous amènent naturellement à nous poser la question d’une différence phénotypique de la PR selon l’ethnicité. Peu d’études ont comparé les différences phénotypiques chez les patients rhumatoïdes d’origine caucasoïdes (PRC) et africains (PRA).

Les effectifs de ces études sont faibles mais des différences sont observées concernant l’activité de la maladie et le handicap fonctionnel qui sont supérieurs chez les patients d’origine africaine. Le recours aux traitements de fond serait aussi différent au sein des deux populations.

 Objectif

 L’objectif de notre étude a été de comparer les phénotypes cliniques de patients atteints de PRA à ceux d’origine caucasoïde.

 Méthode  

Les patients ont été recrutés au sein de deux CHU. Le recrutement a porté sur des patients hospitalisés ou reçus en consultation. Un total de 234 patients a été inclus dans cette étude, rétrospective, menée entre janvier 2010 et avril 2016. Après avoir sélectionné 117 PRA, nous les avons appariés à 117 PRC en tenant compte de leur sexe et leur âge (± 4 ans). Nous avons recherché s’il existait une différence de tableau clinique et de sévérité entre ces deux populations ethniques.

 Résultats  

Les PRA ont moins souvent une atteinte des petites articulations et sont plus souvent porteurs d’ACPA (88,8% contre 75,7% p=0,01). Paradoxalement, chez les PRA, le tabagisme actif est observé à une plus faible fréquence par rapport aux PRC (9,5% contre 32,3% p<0,005). Aucune différence n’a été observée sur la présence d’érosions radiographiques. Le syndrome de Gougerot-Sjögren secondaire (SGS) est plus fréquent chez les PRA (22,4% contre 3,4% p<0,005).

 Conclusion

 Les patients ayant des ancêtres africains ont une PR qui comporte quelques différences par rapport à celle de sujets caucasoïdes. La sévérité de la maladie apparait similaire. Le SGS est plus souvent présent chez les patients ayant des ancêtres africains. 

 

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