Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

Maladie de Scheuermann de l’homme âgé et risque osseux

Maladie de Scheuermann de l’homme âgé et risque osseux

Étude de cohorte monocentrique prospective MINOS

M. Gaudé, R. Chapurlat, P. Szulc

Pavillon F, Hôpital E. Herriot, INSERM UMR 1033, Lyon et Université de Lyon

 Introduction  

La maladie de Scheuermann (MS) est une dystrophie rachidienne de croissance. Bien que fréquente chez l’adolescent, elle reste mal connue et sous-diagnostiquée à l’âge adulte. Les troubles de la statique rachidienne sont associés à un risque de fracture vertébrale accru. Puisque ces altérations sont observées dans la MS, notre objectif était d’étudier l’association de la MS avec le risque de fracture vertébrale (FV), le risque de fracture non-vertébrale (FNV) et avec la densité minérale osseuse (DMO) chez l’homme âgé.

 Matériels et méthodes  

La MS a été évaluée sur des radiographies de profil chez 766 hommes âgés de 51 à 85 ans en utilisant les critères de Berlin (Armbrecht et coll. Osteoporos Int. 2015). La reproductibilité intra et inter-observateur pour les différents critères diagnostiqués était excellente. Les fractures ostéoporotiques ont été collectées prospectivement sur une période de 7,5 ans pour les FV et 10 ans pour les FNV. La FV incidente était diagnostiquée si un des murs vertébraux perdait 20% ou 4 mm de sa hauteur par rapport à la radiographie initiale. La DMO a été mesurée au rachis lombaire, à la hanche et au corps entier (Hologic QDR-1500) ainsi qu’à l’avant-bras distal et ultra-distal (Osteometer DTX-100). Nous avons analysé l’association entre la MS et chacun de ces critères avec les FV, les FNV ainsi que le DMO.

 Résultats  

La prévalence de la MS était de 25,2%. Les malades étaient plus âgés, avaient plus d’antécédents de fracture par fragilité et d’arthrose rachidienne. Il n’y avait pas de différence entre les groupes concernant le poids, l’activité physique (travail, loisirs), les comorbidités ou les performances physiques (capacité physique à se lever d’une chaise, équilibre statique et dynamique). La MS était associée à une légère baisse de la DMO à la hanche (-1,8%, p<0,05). Les FV sont survenues chez 27 hommes, les FNV chez 60 hommes. La MS n’était pas associée à une augmentation du risque de FV après ajustement sur l’âge, le poids, la DMO lombaire, les fractures vertébrales prévalentes, les antécédents de chute, le score de pincement discal. En revanche, l’irrégularité du plateau vertébral était associée à un risque de FV accru (OR= 2.69, IC à 95%: 1.16–6.26, p<0,05). Le risque de FV était fortement élevé chez les hommes ayant l’irrégularité du plateau vertébral et une DMO lombaire basse (OR= 12.27, IC à 95%: 2.97-50.67, p<0.005). La MS était associée à un risque plus faible de FNV (OR=0.47, IC à 95%: 0.23–0.99, p<0.05) après ajustement sur l’âge, le poids, la DMO du col fémoral, les calcifications aortiques, le pincement arthrosique et les antécédents de fracture.

 Conclusion  

C’est la première étude portant sur l’association entre MS et risque fracturaire chez l’homme âgé. Les associations entre MS et DMO sont faibles. Nous n’avons pas retrouvé d’association entre la MS et le sur-risque fracturaire. Le profil évolutif de la MS chez l’homme âgé est donc rassurant. Cependant, l’irrégularité des plateaux pourrait constituer un nouveau facteur de risque de FV à prendre en considération dans la pratique clinique chez l’homme âgé.

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