Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

Evaluation de la synovite infra-clinique

Evaluation de la synovite infra-clinique via le dosage de la calprotectine sérique

et l’évaluation échographie dans la cohorte ESPOIR

C. Lorin 1, M. Clay 1, M. Chevreau 1, T. Funck Brentano 2, O. Vittecoq 3, P. Dieudé 4, P. Gaudin 1, A. Baillet 1

1. Service de Rhumatologie, CHU Grenoble, Hôpital Sud, Echirolles  2. Service de Rhumatologie, CHU Lariboisière, Paris  /  3. Service de Rhumatologie, CHU Rouen, Rouen  /  4. Service de Rhumatologie, CHU-Hôpital Bichat, Paris

 Introduction  

Dans la polyarthrite rhumatoïde, la stratégie thérapeutique permettant le contrôle serré de l’activité de la maladie se base sur le recueil du DAS28. Le dosage sérique de la calprotectine et l’échographie visualisant l’épaisseur de la synovite et son caractère inflammatoire sont deux méthodes d’évaluation de la synovite infra clinique. L’objectif de l’étude est d’évaluer dans la cohorte ESPOIR, la synovite infra clinique par le dosage sérique de la calprotectine et par l’échographie (mode B et doppler) de patients ayant des polyarthrites indifférenciées récentes.

 Matériels et méthodes  

Le dosage de l’hétérodimère S100A8/A9 aussi appelé calprotectine a été réalisé par une technique ELISA chez 813 patients. L’évaluation initiale échographique réalisée dans un sous-groupe de 126 patients, analysait les érosions sur 6 articulations (MCP2 et 5 + MTP5), les synovites sur 10 articulations (MCP 2 à 5 + MTP 5) en mode B et en mode doppler selon les recommandations OMERACT. La progression radiologique et la progression rapide étaient définies par une augmentation, de respectivement 1 point et 5 points du score de Sharp Total (SHS) à un an. Les corrélations entre taux de calprotectine et anti peptides/protéines citrullinés (ACPA), entre calprotectine et score échographique, et entre score échographique et SHS à 1 an, ont été déterminées par les tests de Mann Whitney et de Wilcoxon. Le taux de calprotectine et la progression radiologique ont été comparés selon le test de Fisher.

 Résultats

 Il n’a pas été mis en évidence de corrélation entre le taux initial de calprotectine et les scores échographiques. Le taux de calprotectine est corrélé à la présence de facteurs rhumatoïdes (p=0,03) et d’ACPA (p=0,02). La présence d’érosions sur l’échographie initiale est prédictive d’un SHS élevé à 1 an (p=0.03). En revanche, aucune corrélation n’a été mise en évidence entre les modes B et doppler et un SHS élevé à 1 an. Une concentration de calprotectine supérieure à 220ug/ml était prédictive de la progression (RR=1,2 IC95% [1,1 ; 1,4]) et de la progression rapide (RR=1,2 IC95% [1,1 ; 1,4].

 Discussion

L’absence de corrélation entre la calprotectine sérique et les scores échographiques peut être secondaire au fait que l’évaluation échographique standardisée n’analysait que certaines articulations, sans tenir compte des articulations potentiellement inflammatoires, sécrétrices de la calprotectine. La plupart des études se sont intéressées à des polyarthrites rhumatoïdes établies, alors que notre étude évalue les polyarthrites récentes, avec un mécanisme physiopathologique probablement différent pouvant expliquer la présence de synovites plus inflammatoires et plus productrices de calprotectine que des synovites anciennes.

 Conclusion  

Chez les patients ayant eu une évaluation échographique dans la cohorte ESPOIR, il n’a pas été mis en évidence de lien entre le taux de calprotectine initial et le score échographique initial. En revanche, il existe une corrélation entre les taux de calprotectine et la présence d’ACPA. La présence d’érosions échographiques initiales et un taux de calprotectine sérique>220ug/ml serait prédictive d’une progression radiologique.

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