Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

Allergie et prothèse totale de hanche et genou

Allergie et prothèse totale de hanche et genou

G. Estour

Chirurgien orthopédiste (hanche et genou), Médipôle de Savoie 73190 Challes-les-Eaux

L’allergie ou l’hypersensibilité est une réaction immunitaire liée à l’exposition d’un allergène.
Elle est connue au niveau cutané : dermite allergique de contact ou eczéma de contact. Il s’agit d’une réaction immunitaire retardée de type 4 à médiation lymphocytaire de la classification de Gell et Coomb.

Plus récemment, ont été décrites des réactions immunitaires liées à la mise en place d’implants profonds comme les prothèses articulaires mais aussi les stents cardiaques et les pacemakers. En orthopédie, l’allergie aux prothèses articulaires est liée au contact de la partie métallique de l’implant ou des produits d’usures du couple de frottements en métal ou à son moyen de fixation (ciment). L’allergie à un implant articulaire donne à moyen terme une faillite de l’implant. Les symptômes sont peu spécifiques: douleur, raideur, épanchement, picotement, brûlure, dermatose locale puis ostéolyse et descellement. Malheureusement le diagnostic est difficile. Le nickel, le cobalt et le chrome sont les métaux les plus allergisants. Les composants du ciment: le méthacrylate et les antibiotiques du ciment comme la gentamicine participent aussi aux réactions allergiques.

L’identification de l’allergène est rare mais il est capital pour la réalisation des tests et leurs interprétations. Le diagnostic peut se faire par un patch-test mais sa sensibilité et sa spécificité ne sont pas suffisantes. Le test MELISA (Memory Lymphocyte Immuno-Stimulation Assay) est le plus spécifique. Il nécessite une prise de sang pour une analyse des cellules sanguines. Malheureusement, seuls deux laboratoires en Europe sont agréés : en Suisse et en Allemagne. Actuellement, le risque d’allergie sur un implant articulaire est faible (moins de 1%) mais les modifications environnementales, les perturbateurs endocriniens, les pratiques individuelles (piercings, boucles d’oreilles) et le nombre d’implants en croissance favorisent l’apparition de ces phénomènes allergiques.

De ce fait, une prévention est déjà développée dans d’autre pays européens notamment en Allemagne. En effet, tout patient éligible à une prothèse articulaire est soumis à un dépistage par questionnaire et en cas de doute, le principe de précaution est appliqué. L’utilisation de prothèses antiallergiques est 10 fois plus importante dans ces pays.

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