Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

14. Quels exercices physiques préconiser dans les spondyloarthrites axiales et pourquoi ?

Quels exercices physiques préconiser dans les spondyloarthrites axiales et pourquoi ?

P. Le Goux, G. Hayem

Service de Rhumatologie, Hôpital Ambroise Paré - APHP, Boulogne-Billancourt

Si l’effet positif de la kinésithérapie n’est plus à démontrer depuis nombre d’années dans la SPA, les exercices physiques pourraient se révéler, en particulier chez les patients traités par biomédicament, comme le complément thérapeutique idéal permettant d’amplifier significativement le bénéfice attendu sur l’activité de la maladie. Pour preuve les effets biologiques de l’exercice physique sont bien connus notamment leur impact sur le sommeil et la fatigue via le métabolisme des acides aminés en augmentant la  disponibilité des neuromédiateurs cérébraux dont le plus connu est la sérotonine. Pour rappel la fatigue reste très présente chez de nombreux patients pris en charge pour une spondyloarthrite.

On reconnait l’intérêt général de l’activité physique qui est  jugée suffisante selon les recommandations de l’OMS si chaque semaine nous pratiquons soit 150 min d’activité aérobique modérée comme la marche, soit 75 minutes d’activité plus intense répartie en 3 séances d’une durée optimale de 25 à 30 minutes, soit une combinaison des 2 options.

On distingue les exercices d’endurance correspondant à un effort continu régulier (jogging) et les exercices de résistance avec efforts brefs discontinus (entrainement de course sur un mode fractionné). Certains tests (VO2 max, Ruffier) permettent d’évaluer la performance cardiaque développée lors d’un exercice ainsi que la capacité de « récupération ». Quant à la force musculaire des membres elle peut s’apprécier par des mesures au dynamomètre soit en mode concentrique soit en  isocinétique. Il est également démontré que les séances d’exercices dirigés par un éducateur en groupe ou par un coach adapté ont un effet plus favorable sur bon nombre de marqueurs de santé que les exercices individuels à domicile sans encadrement. Alors que l’activité physique sur ordonnance vient d’entrer en application dans le cadre des affections de longue durée (diabétologie, cardiologie, cancérologie), sur quel consensus et quel niveau de preuve pouvons-nous nous appuyer dans la SPA ?

Si les recommandations 2016 ASAS / EULAR sur le management de la SPA stipulent que  les patients doivent bénéficier d’une éducation sur leur maladie et être encouragés à pratiquer un exercice régulier, aucune modalité particulière n’est pour autant arrêtée, du fait d’une preuve d’efficacité modeste de l’activité physique dans la littérature, avec un effet d’épuisement au-delà de 3 mois constaté notamment dans les essais randomisés comparant les patients recevant un traitement médicamenteux seul versus l’association à des exercices.

D’autre part si la motivation à pratiquer de l’exercice n’est pas du tout corrélée à la sévérité  de la maladie (1), le niveau d’activité physique spontanée d’un patient atteint de SPA apparaît moins élevé que celui d’un sujet sain (2), surtout s’il s’agit d’un effort relativement soutenu qui semblerait contre indiqué vis-à-vis d’une affection qui entraîne :

  • • une réduction de la capacité cardio respiratoire (V02 max)
  • • une diminution de force musculaire comme le montrent les mesures isocinétiques effectuées sur les fléchisseurs et extenseurs de genou ou de cheville
  • • un abaissement global du tonus proprioceptif des articulations (enthèses atteintes)

A contrario le réentrainement musculaire mené sur un mode suffisamment intensif permettrait d’impacter favorablement la capacité aérobique (3) chez des patients effectuant une activité de nage ou de marche additionnée à des exercices conventionnels  versus des exercices seuls. Dans le même ordre une étude (4) comparant sur 3 mois un groupe effectuant avec un coach plusieurs séances de fitness par semaine à un groupe appliquant sans aucun encadrement les recommandations usuelles d’exercice, montre bien une réduction significative du BASDAI en faveur  du groupe exercice intensif. Pour notre part nous proposons aux patients de réaliser un programme à domicile de 3 séances par semaine d’une demi-heure comprenant 3 types d’exercice (cardio training, renforcement musculaire, postures et étirements) sous « coaching vidéo » se déroulant au moyen d’une application sur smartphone relié à une montre connectée de type « actimétrie » pouvant permettre un auto-suivi régulier et un maintien de la compliance dans le temps.              

 Références

1. Fabre et al, Physical activity in patients with axial spondyloarthritis : a cross sectional study of 203 patients, Rheumatol int 2016 Dec;36(12):1711-1718

2. Swinnen TW, Physical activity assessment in patients with axial spondyloarthritis compared to healthy controls: a technology-based approach. PLoS One. 2014 Feb 28;9(2)

3. Karapolat H et al.Are swimming or aerobic exercise better than conventional exercise in ankylosing spondylitis patients? A randomized controlled study. Eur J Phys Rehabil Med. 2009 Dec;45(4):449-57.

4. Sveaas SH, Efficacy of high intensity exercise on disease activity and cardiovascular risk in active axial spondyloarthritis: a randomized controlled pilot study. PLoS One. 2014 Sep 30;9(9)

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