Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

7. L’échographie des mains est-elle utile dans le cadre du diagnostic étiologique d’un rhumatisme touchant les mains

L’échographie des mains est-elle utile dans le cadre du diagnostic étiologique d’un rhumatisme touchant les mains ?
Revue de la littérature et expérience monocentrique prospective

A. Arbault, A. Bohm, L. Benguella, A.Cayot, C. Piroth, P. Ornetti, J.F. Maillefert
CHU Dijon

L’échographie est désormais un outil diagnostique et de suivi thérapeutique dans la prise en charge des rhumatismes inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde (PR) mais aussi les spondyloarthrites.

Devant un rhumatisme inflammatoire indéterminé touchant les mains,  elle peut donc être une aide précieuse pour orienter le diagnostic étiologique. Les dernières recommandations 2015 de l’European League Against Rheumatism (EULAR) ont ainsi intégré l’utilisation de cet examen pour le diagnostic et le suivi du rhumatisme psoriasique mais sans préciser le bilan minimal à réaliser.

Il reste maintenant à définir les régions d’intérêt (articulations, tendons, enthèses, péri-articulaires) et leurs cotations pour le diagnostic et le suivi de ces rhumatismes complexes, afin de limiter le temps consacré à cet examen, qui reste une des  principales limites en pratique courante. Plus récemment, l’échographie des ongles a été utilisée comme un outil d’évaluation dans le psoriasis avec ou sans atteinte articulaire, mais aussi dans d’autres pathologies systémiques ou cutanées.

Dans ce cadre, nous avons mené une étude monocentrique qui avait pour but d’évaluer l’intérêt de l’échographie systématique de l’ongle chez des patients présentant des arthralgies des mains pour le diagnostic du rhumatisme psoriasique versus la polyarthrite rhumatoïde et l’arthrose digitale, en comparaison à des sujets sains. Huit paramètres échographiques en mode B et doppler concernant l’articulation interphalangienne distale, la tablette, la matrice et le lit de l’ongle ont été étudiés. 20 patients avec un rhumatisme psoriasique ont été inclus, ainsi que 23 PR, 21 arthroses digitales et 20 sujets contrôles, soit 324 ongles échographiés. La dystrophie échographique de la tablette unguéale était plus fréquente (75%, p<0.05) chez les patients avec un rhumatisme psoriasique (et retrouvée même en l’absence d’onychopathie clinique).

L‘intensité du signal doppler de la matrice était plus élevée chez les patients avec un rhumatisme psoriasique de façon significative, notamment par rapport à l’arthrose digitale, et le restait en analyse multivariée (1.1 ± 0.3 versus 0.6 ± 0.3; p=0.01). Au contraire, les différences qui existaient entre les groupes sur l’épaisseur de la tablette et du lit de l’ongle disparaissaient après ajustement.

D’autres études sont nécessaires pour mieux définir la place de l’échographie de l’ongle dans le rhumatisme psoriasique, et la sensibilité au changement de ces paramètres échographiques sous traitement de fond reste à démontrer.

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