Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

3 - Allaitement et présence d’une auto-immunité associée à la polyarthrite rhumatoïde chez des individus sains à risque

Allaitement et présence d’une auto-immunité associée à la polyarthrite rhumatoïde chez des individus sains à risque

D. Alpizar-Rodriguez 1, R. B. Mueller 2, B. Möller 3, J. Dudler 4, A. Ciurea 5, P. Zufferey 6, D. Kyburz 7, U. A. Walker 7, I. Von Mühlenen 7, P. Roux-Lombard 1, C. Lamacchia 1, C. Gabay 1, A. Finckh 1

1. HUG, Geneva, Suisse - 2. KSSG, St Gallen, Suisse 3. Inselspital, Bern, Suisse - 4. HFR, Fribourg, Suisse 5. USZ, Zurich, Suisse 6. CHUV, Lausanne, Suisse - 7. USB, Basel, Suisse

 Contexte  L’auto-immunité systémique associée à la polyarthrite rhumatoïde (PR), est l’une des étapes précédant l’apparition de la maladie, caractérisée par l’apparition d’anticorps (AC) tels que les AC anti-protéines citrullinées (ACPA) et les AC anti-protéines carbamylées (antiCarP). L’allaitement a été proposé comme un facteur protecteur contre le développement de la PR (2), mais c’est encore controversé et certaines études ont montré un risque augmenté avec l’allaitement (1). Le rôle de l’allaitement dans les étapes qui précèdent le développement de la PR, tel que le développement d’une auto-immunité systémique n’a pas été étudié.

 Objectifs  Étudier l’association entre l’allaitement et le développement d’une auto-immunité systémique associée à la PR.

 Méthode  Il s’agit d’un étude de cohorte prospective de parents de premier degré de patients souffrant de PR. Seuls des individus sans signes cliniques de PR sont inclus et suivis annuellement. Nous avons analysé toutes les participantes féminines avec des données complètes sur l’allaitement et la présence d’ACPA (anti-CCP 2,0 ou 3,1) et d’antiCarP. Le critère principal était la présence ou le développement d’ACPAs et le prédicteur d’intérêt était l’allaitement maternel et le temps d’allaitement par catégories 0, 1-7 mois et >7mois. La présence d’antiCarP était un critère secondaire.

Pour analyser l’association entre ACs et allaitement, nous avons utilisé un modèle de régression logistique univariée et multivariée et l’analyse des équations d’estimation générales (GEE) pour évaluer des Odds ratio (OR) des ACs en prenant en compte plusieurs résultats d’ACs de chaque individu. Les valeurs manquantes ont été gérées par imputation multiple.

 Résultats  Après l’exclusion de 305 hommes et 78 femmes avec des donnés incomplètes, un total de 882 femmes ont été analysées, dont 57 (6%) étaient ACPA-positifs.

Les caractéristiques des participantes ACPA-positives et ACPA-négatives étaient équilibrées, hormis un âge moyen de 52 versus 45 ans respectivement (Tableau  1).

Dans l’analyse univariée, la présence d’ACPA tendait à être associée avec l’allaitement (OR 1,5 ; p=0.16) et durée d’allaitement de plus de 7 mois (OR=1,8 ; p=0,14). Dans l’analyse multivariée ajustée pour le nombre des grossesses,  l’âge, le tabagisme et le nombre d’années de scolarité, l’association augmentait pour l’allaitement de plus de 7 mois (OR 2,2; p=0,10). Chez les femmes avec des données sur antiCarP, 70 (9%) étaient positives, dont 28 (40%) ayant allaité. Avoir allaité plus de 7 mois tendait à augmenter le risque de présenter des ACs antiCarP, dans l’analyse univariée (OR 1,3; p=0,52) et multivariée (OR 1,9; p=0,16). Dans l’analyse GEE les résultats étaient similaires.

 Conclusion  Chez des femmes à risque accru de PR, l’association  d’anticorps et  la durée d’allaitement tendait à être augmentée, mais pas significativement. Nos résultats ne sont pas concluants sur un rôle de risque ni protecteur de l’allaitement dans le développement d’une auto-immunité systémique associée à la PR.

Divulgation d’intérêt : Aucun déclarée.

 Références  

1. Berglin E, , Kokkonen H, Einarsdottir E, et al. Scand J Rheumatol 2010;39:454 -60.

2. Orellana C, Saevarsdottir S, Klareskog L, et al. Ann Rheum Dis 2017;76 :1845-52.

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