Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

La corticothérapie systémique est plus efficace que les AINS dans les trois premiers jours

La corticothérapie systémique est plus efficace que les AINS dans les trois premiers jours du traitement d’une lombosciatique par conflit disco-radiculaire : résultats d’un essai randomisé multicentrique

R. Gastaldi 1, I. Monteiro 2, M. Zulian 3, R. Juvin 1, P. Gaudin 1, A. Baillet 1

1. Service de Rhumatologie, CHU Grenoble, 2. Service de Rhumatologie, CH Annecy, 3. Service de Rhumatologie, CH Uriage

 

Objectif

L’efficacité de la corticothérapie et des AINS par voie systémique reste débattu dans la sciatique discale aiguë. Aucun essai randomisé comparant ces deux traitements n’a été publié. Notre objectif était d’évaluer l’efficacité et la tolérance des injections intraveineuses de kétoprofène et méthylprednisolone.

Méthode

Essai contrôlé, multicentrique, randomisé en double aveugle. Les patients atteints de sciatique discale aiguë ( inférieur 8 semaines) non compliquée avec confirmation radiologique par imagerie en coupes ont été randomisés en 3 bras. En plus d’un protocole standardisé d’antalgiques oraux, ils recevaient une injection IV de méthylprednisolone (60 mg/jour) ou de kétoprofène (200 mg/jour) ou un placebo pendant 5 jours. Nous avons évalué les douleurs radiculaires et lombaires sur l’EVA, l’indice de Schober, le signe de Lasègue et la consommation d’antalgiques. Le critère de jugement principal était la proportion de patients répondeurs, définis par une diminution d’EVA>20mm à J5; les critères secondaires étaient la proportion de patients répondeurs (diminution d’EVA>20 et 30mm) à J3 et >30mm à J5, la réduction de la douleur radiculaire et lombaire (EVA moyenne), l’amélioration du signe de Lasègue et de l’indice de Schober, la diminution de la consommation d’antalgiques, la diminution du recours aux infiltrations ainsi que la tolérance avec les effets indésirables graves ou non. L’analyse a été réalisée en intention de traiter.

Résultats

Cinquante et un patients randomisés (17 bras Méthylprednisolone, 18 bras AINS, 16 bras placebo), 48 ont terminé l’étude. On ne notait pas de différence sur la proportion de répondeurs à J5 avec le seuil de 20mm (82% vs 72% vs 62%, p=0,4420) ou de 30mm (41% vs 61% vs 44%, p=0,4384). Il y avait plus de répondeurs dans le groupe Méthylprednisolone à J3 avec le seuil à 20mm (82% vs 50% vs 37%, p inférieur 0,05) et avec le seuil de 30mm (41% vs 5% vs 0%, p inferieur 0,05). On ne notait pas d’amélioration sur l’EVA radiculaire : la moyenne (déviation standard)à J5 était respectivement 37,1 +/- 5,5mm vs 30,6 +/-6,5mm vs 35,2 +/-7,6mm, p=0,7133. Aucune différence n’a été observée sur la douleur lombaire, le signe de Lasègue et l’indice de Schober dans les 5 premiers jours. La consommation d’antalgiques morphiniques était similaire dans les 3 groupes. Aucune différence d’effets indésirables, de recours à la chirurgie ou aux infiltrations n’a été constatée à J5.

Discussion

Bien qu’aucune différence sur la proportion de répondeurs n’ait été observée à J5, cette étude suggère que plus de patients sont soulagés si les analgésiques sont associés à la méthylprednisolone IV dans les 72 premières heures.

Conclusion

La méthylprednisolone est plus efficace que le kétoprofène dans les 72 premières heures dans la sciatique aiguë discale mais aucune différence n’est observée à 5 jours de traitement.

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