Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

Le lénalidomide dans le traitement du myélome réfractaire ou en rechute du sujet âgé : une molécule assez bien tolérée

Le lénalidomide dans le traitement du myélome réfractaire ou en rechute du sujet âgé : une molécule assez bien tolérée

L. Kpodar, I. Charlot-Lambrecht, M. Fauconnier, J.H. Salmon, J.P. Eschard

Service de Rhumatologie, Pôle locomoteur, Hôpital Maison Blanche, Reims

 

Introduction

L’avènement de nouveaux traitements immunomodulateurs tel que le lénalidomide a permis d’augmenter de manière significative la survie globale des patients atteints de myélome multiple des os (MM). Cependant, cette augmentation reste modeste chez les sujets âgés. Le but de notre étude était donc d’évaluer la tolérance et le taux de maintien thérapeutique du lénalidomide (LEN) chez les sujets de plus de 65 ans atteints de MM réfractaire ou en rechute.

Matériel et Méthode

Il s’agissait d’une étude observationnelle, rétrospective concernant les patients de plus de 65 ans traités par lénalidomide en seconde ligne pour MM réfractaire ou en rechute. Dix-huit cycles de traitement par LEN étaient prévus avec la prise de LEN à 25 mg par jour du premier au 21ème jour associé à la prise de dexaméthasone hebdomadaire suivie d’un arrêt de 7 jours. La tolérance était évaluée par la survenue d’effets indésirables. La durée totale du traitement, les posologies initiale et finale du LEN et les causes d’interruption du traitement constituaient les critères d’évaluation de la maintenance thérapeutique.

Résultats

31 traitements étaient évalués. La moyenne d’âge à la rechute était de 79,8 ans. Les effets indésirables hématologiques étaient les plus fréquents (90 % des patients). Une anémie était notée chez 24 patients, une neutropénie chez 12 patients et neutropénie chez 16 patients. Aucun effet indésirable hématologique de grade 4 ne survenait. 62 infections étaient notées, majoritairement des infections pulmonaires (n=25), urinaires (n=14) et des voies aériennes supérieures (n=9). Des événements thrombo-emboliques survenaient chez 4 patients sous thrombo-prophylaxie. Le maintien thérapeutique était de 13,6 mois, sans différence significative entre les plus de 75 ans et les moins de 75 ans (p=0.34). Le traitement était interrompu chez 12 patients en raison d’une mauvaise tolérance. La posologie initiale de LEN était plus faible chez les patients de 75 ans et plus (p= 0,0009). La posologie de traitement devait être adaptée, passant de 15,9 mg au début du traitement à 11,0 mg à la fin du traitement (p=0,0002).

Discussion

Le LEN est une molécule assez bien tolérée, y compris chez les sujets âgés. Même si dans notre étude, 12 patients interrompaient leur traitement prématurément, nous ne notions que 15 % d’effets indésirables de grade 3 et aucun de grade 4. Malgré une hématotoxicité fréquente, le traitement par LEN pouvait être poursuivi en réduisant la posologie et grâce aux facteurs de croissance (G-CSF et EPO). Les effets indésirables infectieux ne comportaient pas de critère de gravité et étaient traités généralement par antibiothérapie en ambulatoire. La maintenance thérapeutique de 12 mois était correcte malgré l’âge des patients (22 patients de 75 ans et plus) et les comorbidités importantes. Le questionnaire G8, utilisé de façon plus systématique, permettrait de dépister les patients nécessitant une évaluation gériatrique approfondie dans le but d’établir un projet thérapeutique anti-cancéreux personnalisé chez les sujets âgés.

Conclusion

Le lénalidomide est un traitement assez bien toléré chez le sujet âgé, y compris de plus de 75 ans, dans le traitement du MM réfractaire ou en rechute.

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