Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

17 - Un compte bas de lymphocytes B

Un compte bas de lymphocytes B avant traitement par rituximab ne constitue pas un facteur de risque d’infection chez des patients avec maladie auto-immune, y compris la polyarthrite rhumatoïde : une étude observationnelle

I. Lazarou 1, A. Finckh 1, L. Fischer 2, C. Ribi 2, D. Gascon 1,J. D. Seebach 2, P.-A. Guerne 1

 

1. Service de Rhumatologie, Hôpitaux Universitaires de Genève et Faculté de Médecine, Suisse ;

2. Service d’Immunologie Clinique et Allergologie, Hôpitaux Universitaires de Genève et Faculté de Médecine, Suisse

Le rituximab (RTX) est de plus en plus utilisé chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR) et autres maladies autoimmunes systémiques (MAS). En pratique, beaucoup de médecins sont réticents à le prescrire chez les patients avec un compte lymphocytaire B (LyB) bas en raison du risque présumé d’infection. Nous avons entrepris cette étude pour investiguer si le compte des LyB avant le traitement par du RTX est prédictif du risque d’infection ultérieure et pour identifier les facteurs de risque pour infection sévère chez nos patients qui reçoivent ce traitement.

Nous avons ainsi mené une étude observationnelle sur une cohorte historique de 161 patients traités par RTX pour PR et autres MAS dans les Hôpitaux Universitaires de Genève. Le compte des cellules CD19+ a été évalué par cytométrie de flux et une analyse multivariée  ajustée pour plusieurs facteurs a été réalisée.
L’incidence d’infection sévère était de 24.9/100 patients-années dans le groupe MAS et 5.9 dans la PR (p<0.001). Les taux bas de LyB au moment de la perfusion de RTX n’étaient pas associés à un risque élevé d’infection sévère ultérieure (adj HR 0.55, p=0.60) ou d’infection de tout degré de sévérité (adj HR 0.85, p=0.58). Les prédicteurs significatifs d’infection sévère étaient un diagnostic autre que la PR (adj HR 4.68, p<0.001), un taux d’immunoglobuline (Ig) G <7gr/L (adj HR 2.36, p=0.01), l’âge (adj HR 1.03, p=0.01) et le diabète (adj HR 3.61, p=0.01).

Conclusion Dans cette population traitée par RTX pour PR ou autres MAS, le compte des LyB avant la perfusion de RTX (première ou ultérieure) n’était pas prédictif d’infections. Ces données ne justifient donc pas l’évaluation systématique des LyB avant le traitement par RTX pour cette indication. Nous avons en revanche confirmé le risque accru d’infection sévère lié aux taux bas d’IgG, à l’âge, au diabète et à une MAS autre que la PR.

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