Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

13 - Utilisation des traitements de fond conventionnels au cours du rhumatisme psoriasique

13 - Utilisation des traitements de fond conventionnels au cours du rhumatisme psoriasique: étude du maintien thérapeutique sur une cohorte de 332 prescriptions.

C. Eloy, A.-S. Soubrier, S. Cadart, L. Lemeunier, P. Philippe, B. Cortet, R.- M. Flipo
Service de Rhumatologie, CHRU Lille
 

Introduction

Les différents DMARDs (disease-modifying antirheumatic drugs) utilisés dans le rhumatisme psoriasique (RP) n’ont fait l’objet que de très rares études contrôlées, et négatives pour le méthotrexate (MTX). Les expériences pragmatiques sont également peu nombreuses, et portent sur des effectifs limités. Leur utilisation reste néanmoins habituelle, et le MTX apparaît comme le traitement de fond de référence. Notre objectif principal était d’évaluer en pratique quotidienne le maintien thérapeutique du MTX, du léflunomide (LEF) et de la sulfasalazine (SSZ) dans le RP périphérique oligo/polyarticulaire.
Matériel et Méthode Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique, incluant des patients suivis entre 2001 et 2014 pour un RP périphérique (critères de Moll et Wright et/ou CASPAR), oligo ou polyarticulaire, et ayant bénéficié d’un traitement par MTX, LEF ou SSZ en monothérapie. Les courbes de maintien thérapeutique ont été établies par la méthode de Kaplan-Meier et comparées par le test du log-rank. Les différents motifs d’arrêt de traitement ont été analysés.

Résultats 190 patients ont été inclus, permettant l’analyse de 332 prescriptions: 144 de MTX, 89 de LEF, 99 de SSZ. La durée moyenne d’évolution du RP à l’instauration du premier DMARD est de 3 ± 4,9 ans. 44,4% des patients traités par MTX sont naïfs de DMARD, contre 43,7% en cas de traitement par SSZ, et 26,4% en cas de traitement par LEF (p=0,0395).
Le maintien du MTX est supérieur à celui du LEF et de la SSZ (p=0,018), avec des durées médianes de maintien de 14 [6-44], 9 [4-25], et 10 [4-24] mois pour le MTX, le LEF et la SSZ respectivement.
Il n’y a pas de différence significative entre les fréquences d’arrêt pour inefficacité primaire, intolérance ou échappement secondaire pour les trois DMARDs (p=0,492, p=0,109, p=0,419). Le meilleur taux de maintien du MTX s’explique alors par un risque d’échappement plus tardif (p=0,004).
Les taux de maintien du MTX et de la SSZ diminuent significativement lorsqu’ils sont prescrits à partir de 2003, date d’autorisation de mise sur le marché du premier anti-TNFα disponible dans le RP (p<0,001, p=0,002). Lorsqu’ils sont débutés à partir de 2003, le MTX, le LEF et la SSZ ont un maintien thérapeutique similaire (p=0,458), y compris lorsqu’ils sont prescrits en première ligne (p=0,527).

Conclusion Au début de notre expérience, le MTX est associé à un meilleur maintien thérapeutique. Néanmoins, depuis l’arrivée des anti-TNFα, les trois DMARDs ont un maintien thérapeutique comparable, y compris lorsqu’ils sont prescrits en première ligne.

Retour menu | retour 2/04/2015 partie 1
 

Copyright net-partenaires® © 2005. Tous droits réservés.