Semaine de Rhumatologie Aix Les Bains

Congrès national de rhumatologie

09 - La Prothèse Totale de Hanche (PTH) 
chez le skieur

La Prothèse Totale de Hanche (PTH)chez le skieur

Th.Verjux

Chirurgien Orthopédique, Clinique Herbert, Aix-les-Bains

 
La mise en place d’une PTH est particulièrement fréquente (>120.000/an en France). Elle touche des patients de plus en plus jeunes, de plus en plus actifs, et de plus en plus sportifs. Dans notre région, nous rencontrons de nombreux skieurs, de loisirs ou de métiers (moniteurs, pisteurs-secouristes, employés des remontées mécaniques…) L’indication repose essentiellement sur la coxarthrose, mais également l’ostéonécrose chez le sujet jeune. L’espérance de vie d’une PTH est de plus de 20 ans avec seulement 10 % de reprises. L’activité sportive est conseillée et bénéfique, à l’exception des sports à haut niveau d’impacts et des compétitions : Qu’en est-il du ski ?
Il existe 2 types de risques :
1. Le risque traumatique :
      - La luxation : elle est globalement de plus en plus rare du fait de l’utilisation de têtes de plus en plus grosses (36 mm) ou de cotyles à double mobilité.
      - La fracture péri-prothétique : attention aux chutes et aux collisions avec un risque accru de fractures fémorales ou de fractures d’implants (tête céramique)
2. Le risque d’usure prématurée, puis de descellement.
En cas d’hyper sollicitation, il y a bien évidement un risque d’usure. Le problème est essentiellement dû au polyéthylène (PE) :l’usure est de 0.1 mm/an avec formations de débris de PE qui vont entraîner ostéolyse, puis descellement. Les descellements sont plus fréquents et plus rapides chez les sujets jeunes, actifs et sportifs. La durée de vie d’une PTH dans la population générale est de 94% à 15 ans et de 77% à 25 ans. Chez le patient de moins de 50 ans, elle est de 88% et 69% avec une usure de 0.39/an. Une étude prospective chez le skieur [1] retrouve à10 ans une usure du PE de 2.1 mm pour une usure moyenne de 1.5 mm chez le patient sédentaire. Que faire pour diminuerl’usure ? On améliore la qualité du PE (réticulé, vitaminé …) ou le couple de frottement (cupule double mobilité), ou on change le couple de frottement, mais avec d’autres problèmes : céramique/céramique (risque de fracture, de squeaking, de coût…) ou métal/métal (risque de toxicité systémique des débris métalliques).

Conclusion La PTH donne d’excellents résultats, l’activité sportive est conseillée, mais pas d’excès. Il faut privilégier les sports connus et maitrisés. Il faut prévenir les patients des risques d’usures plus importants (surveillance) et éviter les traumatismes.

Il n’existe pas de soucis particuliers chez le skieur ou l’on pourra peut-être craindre un risque traumatique accru (collisions …). De nombreux moniteurs sont d’ailleurs porteurs de PTH (bien plus que de PTG !!!)

 

Référence 1. Gschwend N, Frei T, Morscher E, Nigg B, Loehr J. Alpine and cross-country after total hip replacement. 2 cohorts of 50 patients each, one active, the other inactive in skiing, followed for 5-10 years. Acta Orthop Scand 2000; 71 (3): 243-9.

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